Littérature et technologie

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  • Outil de communication synchrone à base textuelle, le tchat est une pratique sociale établie chez les adolescents : il obéit à des codes distincts de ceux de la conversation (Branca-Rosoff, 2007 ; Pierozak, 2003 ; Filatova, 2006), avec laquelle il partage toutefois certaines caractéristiques (immédiateté, spontanéité…). Par ailleurs, le tchat partage avec l’écriture dramatique la contemporanéité de son propos, sa forme dialogique notamment, même si leurs codes linguistiques et culturels divergent.

    Si l’hétérogénéité du médium joue un rôle dans le rapport du scripteur à son texte mais aussi dans la linéarisation textuelle (Plane, 2000), l’outil tchat, parce qu’il partage avec l’oral et l’écrit des propriétés de textualisation, semble constituer une passerelle intéressante entre la conversation et le texte dramatique contemporain. À partir de ces postulats, un dispositif d’écriture littéraire dramatique est proposé en classe de quatrième, dans lequel l’historique du tchat constitue le matériau hétérogène et mobile de la réécriture. L’analyse des discours successifs produits par les élèves (Fabre-Cols, 2002 ; 2004) permet de penser le tchat comme une passerelle multimodale, entre production d’un genre premier (conversation) et d’un genre second (écriture littéraire), suscitant des compétences textuelles nouvelles (Lebrun, Lacelle & Boutin, 2012 ; Fatrez & De Smedt, 2012) et interrogeant le rapport à l’œuvre littéraire et le processus de construction du sens.

  • Les forums et les blogues possèdent des spécificités contribuant à la production collaborative d’un discours (éventuellement multimodal) sur des lectures tout en offrant l’occasion d’un examen précis des processus à l’œuvre. En contexte scolaire, des échanges asynchrones en ligne ne pourraient-ils pas favoriser le partage des interprétations? Comment entrent-ils en synergie avec des pratiques d’enseignement fondées sur l’objectivation progressive des lectures premières d’œuvres littéraires?

    Notre proposition apportera quelques réponses à ces questions en analysant des données collectées sur des forums et des blogues scolaires ouverts pour des lycéens en 2011 et 2012 et dédiés à la lecture de textes littéraires. Dans ces situations exigeantes, les élèves doivent donner, par écrit, une forme scolairement acceptable à leurs interprétations alors même qu’elles se cherchent. Les enseignants tentent d’orienter cet effort, en intervenant en ligne. Nous examinerons d’abord l’évolution des « posts » en « textes de lecture ». Dans « Le roman de la lecture », Alain Trouvé (2004) désigne ainsi les « textes d’élucidation » d’une lecture littéraire, dans lesquels « émotions et affects interfèrent avec les jeux de l’esprit » (p.13). Nous analyserons ensuite les gestes professionnels des enseignants. Nous repèrerons enfin la manière dont élèves et professeurs envisagent la visibilité que ces situations de communication confèrent aux lectures subjectives.

  • En quoi l’album de jeunesse numérique modifie-t-il l’activité scolaire d’interprétation des textes ? Dans quelle mesure interroge-t-il la notion de lecture distanciée/lecture identificatoire? Nous apporterons des éléments de réponse à ces questions générales en analysant les versions numérique et papier de l’album L’Herbier des fées. Nous nous interrogerons sur le dispositif didactique et notamment technodidactique permettant d’accéder à ces œuvres multimodales et nous nous livrerons à une étude de cas à partir du livre numérique Francis et la souris verte, testé dans une classe de grande section. 

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